Etude des amnésies organiques et fonctionnelles

Responsables : Peggy Quinette, Mickaël Laisney et Fausto Viader

L’étude de patients amnésiques constitue une des principales sources de connaissances sur la mémoire. Les dissociations observées dans le comportement de ces patients ont servi de base à des dissociations théoriques et à la proposition de modèles structuraux de la mémoire. Les amnésies sont classiquement divisées en deux catégories : les amnésies organiques (permanentes ou transitoires) et psychogènes maintenant appelées amnésies fonctionnelles.

Différentes étiologies peuvent être à l’origine d’amnésies organiques : un accident ischémique, un infarctus bilatéral des artères cérébrales postérieures, une anoxie, une encéphalite herpétique. Bien que plus rares et méconnues, les encéphalites limbiques dysimmunes paranéoplasiques ou idiopathiques provoquent également une amnésie. Enfin, pour d’autres types d’amnésies comme l’ictus amnésique idiopathique, les mécanismes physiopathologiques restent méconnus. D’une part, l’exploration en neuropsychologie et en neuroimagerie de ces différentes formes d’amnésies permettra de préciser le profil cognitif de chacune d’entre elles ainsi que le rôle des régions cérébrales (notamment hippocampiques et para-hippocampiques) dans les différentes formes de mémoire. D’autre part, ces syndromes amnésiques ont en commun une atteinte de la mémoire épisodique qui est responsable, non seulement de la récupération des événements antérieurement vécus, mais aussi de la simulation des événements possibles dans le futur. Des travaux récents suggèrent que les patients souffrant d’un syndrome amnésique permanent perdraient cette capacité de voyage mental dans le temps (Hassabis et al., 2007 ; Proc Natl Acad Sci USA 104 : 1726-31). En dehors de la mémoire épisodique, d’autres composantes pourraient être mises en jeu dans les mécanismes de projection dans le futur comme la mémoire sémantique au travers des scripts, des routines et des connaissances générales intervenant dans la contextualisation des événements et les mécanismes identitaires qui permettraient de maintenir une représentation cohérente de soi, des buts et des préoccupations personnels. Ainsi, nous envisageons d’étudier les mécanismes de projection dans le futur en relation avec l’identité et la mémoire sémantique dans ces différents syndromes amnésiques. Une attention particulière sera portée à la comparaison de deux formes d’amnésies : i) les patients se trouvant en phase aigue d’ictus amnésique et caractérisés par une amnésie antérograde massive sans troubles sémantiques ni identitaires et ii) les patients présentant une amnésie fonctionnelle sans amnésie antérograde massive mais pour lesquels les composantes sémantiques et identitaires peuvent être affectées.

Collaborations : Mickael Kopelman, University College, Londres ; Collaborations au CHU de Caen : Sophie Marquis, Département d’Accueil et de Traitement des Urgences ; Gérard Bouvard, Service de Biophysique médicale – Radio-isotopes