Apprentissage implicite de nouvelles connaissances auditives et visuelles chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer

Responsables : Hervé Platel et Karine Lebreton

Post-doctorante : Mathilde Groussard

Collaborations : Odile Letortu, Caroline Mauger et l’établissement gériatrique « Les Pervenches » du groupe Hom’Age à Biéville-Beuville

Apprentissage de chants chez deux patientes atteintes de maladie d’Alzheimer

Les patients atteints de maladie d’Alzheimer présentent une altération sévère et précoce de la mémoire déclarative (en particulier de la mémoire épisodique). Cependant, nous avons montré que ces patients étaient capables, grâce à une exposition répétée à de nouveaux chants, de les apprendre et de les produire ensuite spontanément, et ceci en l’absence de tout souvenir explicite des séances d’apprentissage.

 

 

 

 

 

 

Ce projet de recherche vise à mieux comprendre les mécanismes neurocognitifs sous-tendant l’apprentissage implicite de nouvelles connaissances chez des patients atteints de maladie d’Alzheimer à un stade débutant à sévère de la démence.

 

Ce projet se décline en deux phases :

La première phase correspond au recueil de données comportementales à partir de plusieurs types d’informations écologiques : linguistiques, musicales, picturales et photographies d’objets.
Le recueil de données comportementales issues de deux expérimentations (Samson S, Dellacherie D, Platel H (2009). Emotional power of music in patients with memory disorders: clinical implications of cognitive neuroscience. Ann N Y Acad Sci 1169 : 245-255), montre chez ces patients des capacités d’apprentissage implicite très bonnes pour du matériel musical ou pictural, mais très faibles pour des stimuli uniquement linguistiques (textes courts, poèmes) (Cf figure ci-dessous)

 

Augmentation du sentiment de familiarité chez 12 patients Alzheimer (MMS entre 5 et 19) pour 6 tableaux de peintures inconnus exposés 8 fois.

 

Nous avons également montré, chez des sujets sains jeunes, que la mémoire perceptive implicite pouvait favoriser la formation d’une trace mnésique en mémoire épisodique (Gagnepain et al., 2008 ; 2011). Cette recherche vise également à déterminer si des sujets âgés sains et des patients Alzheimer à un stade débutant à modéré de la maladie peuvent bénéficier de cet effet lors de l’encodage de photographies d’objets.

La seconde phase du projet vise à mettre en évidence les ressources cérébrales résiduelles sous-tendant ces capacités d’apprentissages implicites. Il s’agit d’une étude en IRMf conduite avec du matériel pictural et musical auprès de patients Alzheimer à un stade modéré à sévère au moyen de la comparaison de l’activité cérébrale entre 1) des stimuli familiers anciens, 2) des stimuli devenus familiers au cours de séances préalables d’exposition et 3) des stimuli inconnus.

Ainsi, outre son intérêt clinique puisqu’il vise in fine à développer de nouvelles stratégies de prise en charge des patients Alzheimer aux différents stades d’évolution de la maladie, ce projet présente également un intérêt fondamental pour une meilleure compréhension du fonctionnement de la mémoire humaine interrogeant les relations entre les phénomènes de mémoire implicite et explicite.